RADIO-OPERATRICES, RESISTANCE

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RADIOS de la RESISTANCE 2
RADIO-OPERATRICES, RESISTANCE

Elles avaient 20 ou 30 ans, elles étaient belles et elles aimaient la vie !  Envisager la privation de liberté leur était insupportable. 
Elles choisirent de devenir des femmes de l’ombre !

Par Maurice A. CHARPENTIER, radioamateur F5NQL (2011), avec son autorisation.

Articles parus dans la revue Radio REF, n°840, 841, 842.

 

Les opératrices radiotélégraphistes clandestines du SOE.
(Special Operations Executive - direction des opérations spéciales)      

En Angleterre dès le début de la Deuxième Guerre il n’est pas question d’engager les femmes dans les unités combattantes, de statut Militaire.

 Par nécessité, on crée ou recrée vite une multitude de services dits auxiliaires, dans lesquels on vit bientôt arriver en nombre, qui des jeunes filles, qui des mères de famille, toutes femmes qui refusaient l’oppression du nazisme, et ses horreurs.

Elles avaient décidé de s’engager pour lutter, elles aussi, au rétablissement de ce qu’elles considéraient comme un acquis le plus cher de la civilisation : la liberté.

 En Angleterre, à partir de Juin 1939, les 48 unités des Women’s Royal Air Force, créées entre 1918 et 1920, puis regroupées au sein de l’Auxilliary Territorial Service, formeront désormais la Women Auxilliary Air Force., la WAAF.

Les femmes entre 20 et 30 ans pouvaient intégrer ces unités où on les employait à la préparation des parachutes ou encore au conditionnement des équipements de ballons de barrage. D’autres furent plus impliquées dans le transport, les radars, la météorologie ou l’analyse des photos aériennes, le téléphone.
Pendant la Bataille d’Angleterre, une mission affectée aux femmes fut de diriger les avions au combat contre les unités de la Lutwaffe, à partir des centres de contrôle. On a tous en mémoire ces images de films de guerre, où des femmes principalement,  poussent sur des tables-cartes des maquettes de bateaux ou d’unités en vol.
Enfin une section particulière fut très vite affectée au chiffre et à la télégraphie. Des centaines de femmes allaient devenir les pianistes de la guerre.

 D’autres opératrices radio provenaient des rangs du First Aid Nursing Yeomanry ( FANY), unités crées en 1909 et d’abord destiné à constituer un corps d’infirmières, mais qui au fil des années avait diversifié ses tâches, avec notamment des conductrices d’ambulances puis conductrices de jeeps, camions divers , opératrices radio et/ou du chiffre, etc.

 En 1942, W Churchill finit par autoriser l‘incorporation des femmes dans le SOE ; on vit alors beaucoup de FANY, choisir d’intégrer le Special Operation Executive.
Ce service était d’abord un service de renseignement, un service secret. Il formait des agents destinés à être envoyés sur les théâtres d’opérations situés hors d’Angleterre, dont la France, le secteur F.
 En France les agents du SOE étaient envoyés pour soutenir et organiser les réseaux de résistance, servir d’opérateurs  radio clandestins et   d’agents de renseignement.

A Londres, au SOE il y avait beaucoup de femmes Françaises ou ayant longtemps vécu en France. Certaines habitaient déjà Londres avant-guerre, d’autres y étaient arrivées après avoir fui la France occupée, souvent au prix de rocambolesques et dangereux itinéraires. Elles furent la base des recrutements destinés à la section F.

Nous tenterons d’évoquer ici la mémoire de quelques-unes d’entre elles, membres du SOE,  qui eurent des activités clandestines en France, où elles furent notamment  affectées aux transmissions radio télégraphiques. Les « alias » indiqués, sont les principaux affectés à chacune on sait que certaines en eurent plusieurs. Les noms des réseaux qui apparaissent sont ceux qui avaient été affectés par le SOE, pas forcément ceux qui étaient utilisés sur le terrain.

Nous savons qu’il y eut beaucoup d’autres femmes radio dans la résistance. Il y eu aussi celles de l’OSS et des autres services auxiliaires des armées alliées. Il y eut aussi celles que les agents SOE ou OSS envoyèrent sur d’autres terrains d’opérations. Les SOE,  OSS en maquisards en formèrent sur le tas. Malheureusement nous manquons souvent d’information, car les documents les concernant n’ont pas tous, loin de là, été déclassifiés « secret ».

 Pour celles là, bien que trop souvent anonymes, qu’elles soient aussi associées à la Gloire de leurs sœurs en radio.

 

Noor-Un-Nisa Inayat Khan, « Madeleine »

1_-Noor_Inayat_Khan__redimensionner.jpg (2574 octets)<

Sans vouloir rabaisser l’action des autres femmes engagées dans la section F du SOE, son évocation sera sans doute plus longue, car, de par ses origines, c’est sur elle qu’on a sans doute publié le plus d’articles et de livres.

ée à Moscou en 1913, certains disent au Kremlin. . C’est l’arrière-arrière-arrière-petite-fille de Tipu Sultan, le prince musulman  régnant de Mysore, dont les prouesses militaires retardèrent l’avancée des forces de la Compagnie des Indes Orientales à la fin du XVIIIème siècle. Après la révolution de 1917, son père, religieux soufiste, artiste et musicien, marié à une Américaine, lors d’une tournée en Californie, émigre à Londres puis à Paris. Elle poursuivra ses études au   Lycée de Saint Cloud, puis à la Sorbonne et à l’Ecole Normale de Musique. Elle devient une harpiste brillante.
Avant la guerre, Radio Paris (qui n’est pas encore, comme le dira Pierre Dac « allemand »), lui ouvre ses ondes, elle y crée des contes pour enfants.

Au moment de l’invasion, Noor compte ses nationalités. A cause de sa nationalité britannique, également conservée par ses parents, elle doit  s’échapper de Paris avec une partie de sa famille, arrive au Verdon, embarque sur un cargo belge et débarque à Falmouth le 22 juin 1940.
A son arrivée elle intègre les WAAF et suit un stage intense d’opératrice radio. Pendant l’année 1941 et une partie de 1942 elle sera affectée aux liaisons radio avec les bombardiers de la RAF.

Le SOE, consultera sa fiche sur laquelle elle avait indiqué qu’elle parlait le Français très couramment ; elle se voit proposer une affectation au sein du service, ce qu’elle accepte.

Là elle subit l’entraînement physique intense, y compris le parachutisme. Elle est également formée à la radiotélégraphie et au chiffre.

Si les unités régulières n’envoyaient pas les femmes au combat, le SOE ne se sentait pas lié par cet engagement. Service secret d’abord, il utilisait tous les moyens.

Nommée Officier, mais sans uniforme, donc non protégée par les accords de Genève, elle est bientôt envoyée en France section F du SOE.
Nous sommes en mai 1943. Elle devient l’opératrice radio du réseau Prosper et en sera la dernière. De mai à octobre ce ne furent que déménagements de sa station radio de Malesherbes à Grignon, puis encore à Paris. C’est elle qui maintiendra le contact télégraphique avec Londres en permanence. Elle assiste à l’élection de Georges Bidault en remplacement de Jean Moulin et elle informe Londres.

A partir d’août 1943, le réseau Prosper s’effondrera, trahi vraisemblablement par  la sœur d’un de ses chefs, bien qu’après la guerre celle-ci en fut blanchie.

Noor, elle,  continue à se faufiler de planque en planque dans Paris, déjouant la Gestapo et transmettant ses messages avec une énorme rapidité et précision, dans des conditions hostiles. « À elle seule », selon  Basu, sa biographe, elle fit le travail de six opératrices radio .

Arrêtée, lors de la fouille de son appartement la Gestapo fait une découverte invraisemblable : « Madeleine » avait conservé en code et en clair, sur un carnet la trace de toutes ses communications avec Londres !

Plus tard, Michael Foot, l’historien du SOE expliquera l’origine de cette faute. Les ordres  reçus par Noor parlaient de transmission radio – soyez très soigneuses de vos transmission radio – disaient les ordres. Or les ordres lui avaient été donnés en argot des télégraphistes de l’époque, les transmissions radio c’était le FILING. Noor ne pratiquait pas l’argot, en conséquence elle comprit à la lettre ce terme FILING, ce qui pouvait dans son esprit se traduire par – soyez très soigneuses de vos archives -.

C'est plus qu'il n'en fallait à la Gestapo ; son chef Joseph Goetz entreprend d'obliger "Madeleine" à continuer d'émettre à partir du poste de "Madeleine". L'occupant appelait cela le "funkspiel". Cela permettait souvent de retarder la prise de conscience, à Londres, de l'arrestation de leurs agents. Là il s'agissait pour l'heure d'un des plus importants agents sur le sol français.
Une double erreur du S.O.E. se produisit alors ; non seulement ils ignorèrent le code à 18 lettres qu'elle réussit à envoyer pour indiquer qu'elle était prise ; un second message envoyé par une résistante d'un autre réseau, Sonia Olchansky, indiquant à Londres cette arrestation, fut aussi ignoré car "ils ne la connaissaient pas".

Après une tentative d’évasion ratée, elle sera  définitivement classée comme non coopératrice par l’occupant, et  fut transférée à Pforsheim, où elle séjournera pendant neuf mois comme Nacht und Nebel, avant d’être transférée à Dachau. Sous prétexte d’interrogatoires, la « créole », comme la désignent ses geôliers,  sera littéralement massacrée de coups par le directeur du camp lui-même le sinistre SS, Friedrich Wilhelm Rupert, qui finira par lui tirer une balle dans la tête non sans qu’elle l’ait nargué une dernière fois en lui hurlant « Liberté »  à la face.

Ruppert sera condamné à mort par le tribunal américain de Dachau en 1946 et exécuté.

 

Sonia Olchanesky. "Tania"
2_-Sonia_OLSCHANESKY_redimensionner.jpg (3410 octets)Sonia était née en Allemagne à Chemnitz, la ville qui sera connue plus tard pendant 50 ans sous le nom de Karl Marx Stadt. Sa famille s’était installée à Paris dans les années 1930. Son père y avait ouvert un magasin de lingerie. Raflée car juive en 1942, elle est transférée à Drancy. Sa mère fait alors jouer un réseau d’amis en Allemagne et réussit à la faire libérer moyennant corruption et elle récupère des faux papiers. Début 1943, elle deviendra courrier du réseau Juggler, qui couvre une partie de l’est parisien, l’Aisne, le Nord et la Marne. On oubliera Sonia, on connaîtra  « Tania ».

Tania sera plus connue pour sa participation à des groupes de sabotage, mais elle connaît parfaitement les procédures radio. C’est elle qui tentera vainement de faire comprendre à Londres que leur agent « Madeleine » (ci-dessus) aura été arrêtée, en octobre 1943.
Elle continuera après l’effondrement des réseaux Prosper et Juggler à participer à la résistance, mais sans instruction du SOE. Elle sera arrêtée le 21 janvier 1944, transférée à Fresnes puis à Karlsruhe. Le 13 mai 1944 elle sera transférée au Struthof, avec Diana Rowden, Andrée Borrel et Vera Leigh. Elle meurt d’une piqûre, létale et sera jetée au crématoire.

Est-ce le fait d’avoir travaillé le plus souvent sans instruction directe du SOE ? Elle sera oubliée sur le mémorial de Valançay lors de son inauguration en 1991. Il semble bien qu’à ce jour cet oubli n’ait pas encore été réparé.

 

Odette SAMSON/Churchill/Hallowes, « Lise ».
3_-_Odette_SAMSON_redimensionner.jpg (3575 octets)On trouve trace dans la documentation d’Odette Brailly plutôt sous le nom de Samson ou Churchill, noms de ses deux premiers maris. Née en 1912 à Amiens, son père meurt pendant la première guerre mondiale en 1918.
 A 18 ans elle fait la connaissance d’un jeune Anglais ami de sa famille, Roy Sansom, qui l‘épouse. Ils s’installent en Angleterre. Mère de trois filles, elle se sépare de son mari en 1941.
Répondant à une demande des autorités britanniques, elle leur confie toutes ses photos de famille susceptibles de les renseigner sur les infrastructures civiles et militaires de la région côtière de Picardie. Sur la lettre d’accompagnement elle rappelle ses origines françaises. Elle indique également être en recherche d’emploi.
Le Major Guthrie du SOE lui propose alors d’intégrer la section F (France). Ses filles confiées à un pensionnat, elle prend ses fonctions dès juillet pour y subir l’entraînement. Elle rencontre alors Peter Churchill, agent du SOE qui avait déjà effectué deux missions en France.
A l’issue de son entraînement, on lui affecte sa première mission : Les réseaux de résistance de la région d’Auxerre, mais Peter Churchill, la réclame comme courrier. C‘est donc à partir d’octobre 1942 un long périple qui la mène par bateau via Gibraltar jusqu’aux calanques de Port Miou près de Cassis. Débarquée en France elle part pour la Savoie. Peter Churchill fera un nouvel aller-retour vers l’Angleterre. A son retour ils seront arrêtés tous les deux à Saint Jorioz, le 16 avril 1943.
Transférée à Fresnes, elle y est torturée par la Gestapo. Elle prétend être l’épouse de Peter Churchill, neveu du Premier Ministre britannique. Les Allemands mordent à l’hameçon et a laissent en vie, pensant peut être tenir pour le futur une monnaie d’échange.

Elle est pourtant condamnée à mort par un tribunal réuni avenue Foch à Paris.

Le 12 mai, elle est transférée à Karlsruhe avec sept autres agents féminins du SOE, Andrée Borrel, Yolande Beekman, Vera Leigh, Eliane Plewman, Diana Rowden, Madeleine Damerment et Sonia Olschanesky

Elle sera transférée en juillet à Ravensbrück.

Le 28 avril 1945, sa déclaration d’être l’épouse d’un neveu de Churchill paie. Le directeur du Camp le Sturmbannführer Fritz Sühren, la fait sortir du camp dans un fourgon cellulaire qui l'emmène au camp de Neustadt. Le 1er mai, nouveau transfert dans un autre camp. Le 3 mai, Sühren l'emmène en voiture, la remet aux Américains (en la leur présentant comme parente de Winston Churchill) et se rend.

Son mari Samson étant décédé pendant sa captivité, elle deviendra effectivement Madame Churchill en 1947. Seule survivante du groupe de 7 c’est grâce à elle qu’on connaîtra malheureusement la fin des six autres agents féminins du S.O.E. de Fresnes.

 

Andrée BORREL, « Denise »

Elle a 18 ans au moment de la débâcle, qui la surprend, vendeuse dans un grand Bazar de la rue d’Amsterdam à Paris.4-_Andree_BORREL_redimensionner.jpg (3487 octets)
C’est une grande sportive. Elle pratique intensément le cyclisme et fait partie des rares femmes pratiquant ce sport en compétition à cette époque.
La santé de sa mère en 1939,  l’oblige à quitter Paris pour la région de Toulon

Elle s’inscrit à la Croix Rouge et on la verra infirmière à Beaucaire et Nîmes.

Avec son ami Maurice Dufour, un lieutenant de l’Armée française,  elle refuse la défaite de juin 1940, et part avec lui  pour le Canet. Là ils organisent une filière d’évasion. Ils partiront à leur tour  pour un long périple vers Londres, à travers l’Espagne et le Portugal. A Lisbonne, elle travaille au sein du bureau de propagande de la France libre, pendant quelques mois.

Elle arrive à Londres le 24 avril 1942 et essuie une déception. Les Français libres renoncent à la recruter, ils se méfient d’une femme ayant des sympathies de gauche et qui plus est ayant travaillé pour et avec les Anglais.

Ayant subi le fameux interrogatoire du MI5, elle intègre le S.O.E., et subit l’entraînement – chiffre, télégraphie, renseignement, sécurité et procédures - .

Sa connaissance de Paris, la fera affecter à la Capitale qu’elle rejoint après avoir été larguée dans la région de Chambord, en septembre 1942 avec Lise de Baissac (voir ci-après). Elle aussi sera du Réseau Prosper, comme adjointe du radio Norman, avec qui elle sera arrêtée le 24 juin 1943. Elle sera transférée à Karlsruhe puis au Struthof où elle subira une piqûre létale avant d’être jetée au crématoire.

Yolande Beeckman "Mariette". 

5_-_Yolande_Beeckman_redimensionner.jpg (6106 octets)Yolande née Unternährer , naît à Paris en 1911 à Paris. Son père est citoyen suisse, sa mère britannique. Elle est donc dès sa prime enfance familière des langues et cultures anglaises allemande et française.

De plus elle est fille d’une famille qui a la bougeotte. Son père Jakob, finira enfin par se fixer à Londres.

Elle est membre des WAAF, dès 1941, elle suit alors des stages intenses d’opératrice radio, et autres activités assimilées dont le chiffre. Ses capacités d’opératrice et ses connaissances des langues vont décider de son orientation. Elle entre au S.O.E. en février 1943, objectif section F et opérations en France.  Elle a tout juste le temps d’épouser le sergent Jaap Beeckman, de l’armée néerlandaise.

En septembre  1943, elle est déposée vers Angers avec mission de rejoindre le réseau Musician, vers St Quentin. Pendant trois mois, outre sa fonction de radio elle participe à la répartition des armes et vivres parachutés par les alliés. Cela dure jusqu’en janvier 1944 date à laquelle elle est arrêtée avec Bieler son chef de réseau. Torturée en vain à Saint Quentin, la Gestapo la transfère à Fresnes. Elle fera partie du convoi de sept femmes qui extraites de cellule le 12 mai partiront pour Karlsruhe. Pour elle le voyage continuera ensuite le 12 septembre vers Dachau où elle sera exécutée le 13.

Denise BLOCH,  « Danièle, à Lyon », « Catherine, dans le Sud-Ouest », « Ambroise, réseau Clergyman »  Née en 1915, Denise Bloch n’était pas destinée à devenir radio. Sa6_-__Denise_Bloch_redimensionner.jpg (3553 octets) famille de confession juive ayant été raflée, elle se retrouve seule.
Elle intègre alors en 1942, à Lyon le réseau Détective, mais en octobre elle dut fuir précipitamment après avoir assisté impuissante à l’arrestation de plusieurs membres de son organisation.

On la retrouve à Marseille puis Villefranche sur Mer. Début 1943 on la retrouve sur l’axe Toulouse Agen, membre du réseau Wheelwright.
Vers avril 1943, à la suite de l’arrestation du radio du réseau, le chef  Georges Starr, décide de l’envoyer à Londres porter les informations en sa possession qu’il ne peut plus transmettre.

 Après 22 jours à travers les Pyrénées, où elle se fera confisquer ses papiers et le rapport Starr par les carabiniers espagnols. Prise en main par le consul britannique à Barcelone, elle est libérée et celui-ci lui facilitera le passage via Gibraltar, vers Lisbonne et l’Angleterre où elle arrive le 22 mai. Elle rapportera de son mieux au S.O.E., les informations concernant le réseau, mais aussi les doléances – besoins en armes, radio, vivres et munitions -.

Elle devient membre du FANY où elle suit pendant neuf mois le stage intensif d’opératrice radio

Début mars 1943, elle est envoyée en France. Déposée vers Chartres, elle a responsabilité de la sécurité du codage et des transmissions radio du réseau Clergyman. Entre Chartres et Dourdan au Nord, et jusqu’à la Loire au Sud, son réseau participe à de nombreux sabotages de voies ferrées, lignes téléphoniques. Elle organise également les parachutages. Elle sera arrêtée à Sernaise (M&L), dans une maison où sa station radio était installée.

Transférée à Torgau, elle souffrira de froid et de malnutrition et c’est un squelette que les Allemands envoient à Ravensbrück.

Le 25 janvier elle y est encore signalée, mais à partir du 5 février elle a disparu. On pense qu’elle fut exécutée entre ces deux dates et son corps envoyé au crématoire. Elle avait 29 ans

Yvonne Baseden "Odette"

7_-_Yvonne_Baseden_2004_redimensionner.jpg (3502 octets)Yvonne, née de Vibraye naît à Paris en 1922.

Son père est un aviateur héros de la Grande Guerre. Héros un peu fantasque sans doute ; ne dit-on pas qu’il fit un jour un atterrissage forcé près de la maison des de Vibraye, une famille anoblie par Philippe VI de Valois, et qu’il n’en repartit qu’après avoir épousé la fille ?

 La jeunesse d’Odette se déroule au gré des nombreuses résidences choisies par son père à travers toute l’Europe, et notamment en France, Belgique, Hollande, Italie, Espagne et plus sans doute.

Elle quitte l‘adolescence parfaitement bilingue Français Anglais avec de très solides notions dans trois ou quatre autres langues.  En 1937, son père fait une pause et s’installe à Londres Pourtant, Yvonne au bout du compte n’a trouvé qu’un job de sténo dactylo.
A 18 ans elle s’engage dans les WAAF, et passe ensuite au service de renseignement de a RAF. A ce titre elle sera amenée à assister aux interrogatoires des prisonniers allemands, la plupart aviateurs ou sous mariniers.

 Remarquée par le S.O.E. elle y est transférée pour y suivre une solide formation d’opératrice radio.
 En mars 1944, elle est parachutée dans les Landes avec, elle aussi mission de rejoindre les maquis du Jura. Elle deviendra le radio du réseau SCHOLAR, dirigé par Saint Geniès qui avait été parachuté avec elle.

 Au soir du 26 juin 1944, un jeune maquisard, se fait prendre. Il porte la valise radio d’Odette. Sous la torture il donne les renseignements fatals. Sous le nom de Jeanne Bernier, celui indiqué sur ses faux papiers, elle est faite prisonnière dans les locaux de la fromagerie Graf à Dôle (La Vache Sérieuse à l’époque).
Avec elle sont faits prisonniers Saint Genies qui s’empoisonne et plusieurs autres maquisards. Jamais trahie par ses compagnons, les Allemands ne sauront jamais qui elle pouvait être.

De janvier à août, pour les Allemands qui ne croient rien de sa carte d’identité, elle passe de Dôle à Dijon puis et enfin à Sarrebruck,  toujours parfaitement Anonyme. C’est sous cet anonymat qu’elle sera envoyée enfin à Ravensbrück.

Plus tard elle confiera : « Les Allemands ne savaient pas que j’étais un agent. J’avais juste été raflée avec un tas d’autres et je n’avais sur moi ni documents ni rien du tout. Le fait qu’il n’y ait eu aucun document m’a sauvé la vie. »

Epuisée,  elle est oubliée à l’Infirmerie du camp, et sera remise le 15 avril 1945, à la Croix Rouge Suédoise.

Liliane Rolfe "Nadine"

8_-_Liliane_ROLFE_redimensionner.jpg (3326 octets)Liliane Rolfe est née à Paris en 1914, où son père sujet britannique exerce la profession de comptable.

Jusqu’à sa seizième année elle fait de nombreux voyages en Angleterre pour visiter ses grands-parents. 
C’est à cette époque que son père émigre avec toute la famille au Brésil. Entre 1939 et 1943, elle travaille à surveiller les mouvements des navires allemands dans le port de Rio de Janeiro. Les informations qu’elle accumule, sont transmises par l’Ambassade à Londres.

Mi 1943, George Rolfe, son père décide de rejoindre la mère patrie et ramène toute sa famille avec lui.

Sa parfaite maîtrise du Français lui permet d’intégrer le S.O.E. en novembre, destination stage radiotélégraphiste.

A l’issue de son stage, elle sera déposée en France vers Orléans. Elle devient le radio du réseau Historian. Elle devient un agent de renseignement très prisé à Londres, 67 messages envoyés en trois mois, organisation de parachutages, coup de feu avec les résistants.

Es Allemands traquent férocement après le débarquement de Normandie, tout ce qui peut constituer un ou un réseau de « terroristes », si bien que son chef  Georges Wilkinson est arrêté à Olivet le 26 juin. Immédiatement remplacé par Pierre Charié, elle se met à son service et continue ses missions radio renseignements coups de feu et de main compris.

Elle sera victime d’une coïncidence. En cherchant quelqu’un d’autres l’occupant investit la maison des instituteurs de Nargis et trouvent par hasard le radio-set qu’ils ne soupçonnaient pas. Ils en profitent pour arrêter Lilian.

Il semble bien qu’elle n’ait jamais été active en France, ailleurs que dans le Loiret.

Transféré à Fresnes, torturée pendant de longs jours, c’est une épave humaine qui descend du wagon lorsqu’elle arrive à Ravensbruck. Un des officiers du camp dira qu’elle ne pouvait plus marcher.

Elle sera exécutée le 5 février 1945 et jetée au crématoire.

Violette Szabo "Louise"

9_-_Violette_SZABO_redimensionner.jpg (3170 octets)Violette Bushell naît à Levallois Perret d’un père anglais, chauffeur de taxi et d’une mère d’origine picarde. Sa famille revient en Angleterre vers les années 1930.

Au début de la guerre, elle rencontre un officier français des FFL, issu de la 13ème brigade de Légion Etrangère et d’origine Hongroise, le Lieutenant Etienne Szabo, qu’elle épouse. Ils ont une fille qui naît le 8 juin 1942. Malheureusement son mari Etienne disparaît lors de la seconde bataille d’El Alamein, fin juin.

Restée seule avec sa fille,  Violette acceptera l’offre qui lui sera faite d’intégrer le SOE.

Après avoir suivi divers stages, elle est nommée officier du FANY en septembre 1943 et se vit attribuer sa première mission en France

Lors de cette première mission, en avril 1944, elle opère dans la région de Cherbourg comme courrier  du nouveau groupe chargé de la reconstitution du réseau Rouen qui vient d’être démantelé. Pendant trois semaines elle collecte des centaines d’informations sur les installations militaires et les usines situées entre Cherbourg et Rouen. Elle pourra ramener ces précieuses informations à Londres lors d’un ramassage effectué par avion dans l’Indre.

 Lors de sa deuxième mission, le 8 juin, au deuxième essai, l’agent radio Szabo est parachuté vers Limoges, pour coordonner les actions des maquis locaux. L’occupant commence à se sentir aux abois et devient de plus en plus hargneux dans sa chasse aux résistants. Deux jours après son arrivée, Violette Szabo, est faite prisonnière en Corrèze à Salon la Tour.

Ramenée à Limoges, elle y sera interrogée, torturée et finalement transférée à Paris, et remise Avenue Foch, dans les mains de Kieffer, qui la torturera de longs jours, sans qu’elle cède un iota.

Transférée à Ravensbruck elle y sera assassinée sur ordre du chef de camp Suchen, par le gardien, Schûte, puis brûlée.

Après la guerre, Suchen sera jugé et exécuté par les Anglais.

Yvonne CORMEAU « Annette »

10_-_Yvonne_CORMEAU.jpg (7185 octets)Elle nait à Shangaï en 1909, d’un père belge et d’une mère écossaise, Yvonne, née  Biesterfeld, reçoit une éducation bilingue franco et anglophone. On sait peu de sa jeunesse mais on la retrouve en 1937 habitant Londres. Elle vient d’épouser un comptable, Emile Cormeau.

Son mari est en France en 1940 dans une Rifle Brigade. Blessé, il est rapatrié et démobilisé. Il mourra dans l’effondrement de sa maison touchée par une bombe allemande, pendant le Blitz. Yvonne, sera miraculeusement sauvée. Le souffle de l’explosion retourne la baignoire sous laquelle elle se retrouve coincée mais protégée.

Devenue veuve, elle intègre les WAAF en 1941.

Ses connaissances linguistiques l’incitent, début 1943,  à s’inscrire au SOE, où elle devient radiotélégraphiste.

En 1943, parachutée dans la région de Bordeaux, elle sera l’opératrice radio pour le réseau Wheelwright, (comme l’avait été avant elle Denise BLOC H).

Elle enverra des centaines de messages et participera à la réception de plus de 140 parachutages.

Elle sera démobilisée en 1945 avec le grade de Flight Officer de la WAAF. Elle meurt en 1995.

Eileen NEARNE, « Rose »

11_-_Eileen_NEARNE_redimensionner.jpg (3374 octets)Née d’un père britannique et d’une mère espagnole, elle entre au SOE avec sa sœur et son frère en 1942. Après être passée par les FANY.

En mars 1944 elle est affectée comme radio au réseau de résistance Wizard, puis Spiritualist.

Elle est arrêtée à paris le 22 juillet 1944. Torturée puis déportée à Ravensbruck en août 1944, elle s’évadera en mai 1945, en compagnie de deux Françaises et rejoindra les troupes alliées.

Oubliée de tous elle mourra dans la misère en septembre 2010.

Le 21 septembre 2010, les anciens combattants se mobilisent et lui organisent des obsèques solennelles dans le Devon, en présence du Consul de France à Londres. Ses cendres seront dispersées en mer selon ses volontés.

Virginia HALL, « Marie », « Philomène », « La dame qui boite ».

12_-_Virginia_HALL_redimensionner.jpg (3576 octets)Virginia Hall, sujette américaine ne fit qu’un passage dans le S.O.E.. Son activité en France relevait de son équivalent américain l’OSS. Née en 1906 dans le Maryland, elle suit une scolarité à l’image de celle de ses amies issues comme elle de la moyenne bourgeoisie de Baltimore.

A l’université elle se découvre une passion pour les langues étrangères qui l’amèneront au bout de son cursus à parler très couramment le Français, ‘Allemand et l’Italien mais aussi posséder de très fortes notions d’Espagnol et de Russe. Elle parachèvera ses études par des séjours à Paris et à Vienne.

Sa voie devient toute tracée, elle travaillera pour le Département d’Etat. Les ambassades américaines de Varsovie puis le consulat d’Izmir l’accueillent successivement. En Turquie, elle est victime d’un accident de chasse. Elle se tire une balle dans e pied, et à cause de la gangrène qui s’ensuit, on doit lui amputer sa jambe gauche sous le genou. Revenue se faire soigner et appareiller aux Etats-Unis, c’est avec sa superbe « Cuthbert » (sa prothèse qu’elle appelait familièrement ainsi), qu’elle reprend du service au consulat US de Venise, puis celui de Tallinn, Estonie.

Toujours secrétaire mais interdite d’examens à cause de son handicap, elle ne peut postuler à un poste de diplomate aussi démissionne-t-elle en 1939.

Elle regagne alors l’Angleterre puis trouve un poste de correspondant du Washington Post à Paris, poste qu’elle occupe toujours à la déclaration de guerre.

Elle s’engage malgré son handicap, dans l’armée française et y reste comme conductrice d’ambulance jusqu’en 1940.

En 1941 elle rencontre le numéro 2 du Réseau F du S.O.E.. Après avoir été formée au maniement des explosifs, sous couverture de correspondant du Washington Post, pendant quinze mois elle dirigera le réseau Heckler. Elle travaille notamment avec Germaine Tillon et d’Astier de la Vigerie.
Elle
devient bientôt la plaque tournante du S.O.E. F en zone non occupée. Après l’invasion de la zone libre les Allemands recherchent « la dame qui boite, mais elle réussit à s’évader via l’Espagne et revient à Londres. Ce sera sa dernière mission S.O.E., mais pas sa dernière en France.

Pour le S.O.E. elle aura encore quelques activités en Espagne.

Quelques mois après l’entrée des Etats-Unis dans la guerre elle quitte le S.O.E. et intègre le O.S.S..

L’O.S.S. en fait une opératrice radiotélégraphiste très up-to-date en quelques semaines. Après un passage remarqué au sein des réseaux FFI de Haute Loire et du Limousin, après le débarquement de Provence, elle quittera la France démobilisée dans l’Ain. Elle sera alors affectée en Italie dans la région de Naples. Cette dernière mission destinée à infiltrer l’Autriche sera annulée par l’armistice du 8 mai 1945.

Après la guerre, elle sera récupérée par la C I A.

A sa retraite elle retrouve un de ses anciens maquis de Haute Loire, Paul Goillot, agent OSS à l’époque comme elle, et qu’elle épousera en 1957.

Virginia Hall s’éteint le 8 juillet 1982.

Diana ROWDEN « Paulette »

13_-_Diana_ROWDEN_redimensionner.jpg (3452 octets)Ecossaise, née en 1915 à Londres, sa mère après son divorce s’installe avec elle et ses frères, sur la Côte d’Azur dans les années 1920.
Sa scolarité, parfois heurtée, se déroulera entre l’Angleterre et la France qu’elle rejoint en 1933, pour six années d’études linguistiques à la Sorbonne (Français, Italien, Espagnol). A l’issue de ses études, la voilà journaliste à Paris.

1939 arrivant elle s’inscrit à la Croix Rouge.

Lors des évènements de Dunkerque elle échoue à se faire rapatrier bien que titulaire d’une carte du Corps Anglo Américain des ambulances. Elle devra rester cachée pendant près d’un an chez des amis

Courant 1941, elle réussit via l’Espagne et le Portugal à rentrer à Londres. Elle perdra bientôt espoir de trouver un poste de journaliste. A l’automne elle deviendra une WAAF, comme agent de renseignement.

Ce n’est qu’en mars 1943, qu’elle débutera son entraînement au SOE.

La moyenne de vie d’un opérateur radio en France n’est alors que de six à sept semaines, alors on raccourcit aussi les stages. Dès juin, on lui affecte sa mission dans le secteur F.

Débarquée dans le Maine et Loire, il lui faut rejoindre le Jura.

Mi-juillet, elle s’installe dans un hôtel de Saint Amour ; Il semble qu’elle ait peu pratiqué la radio. On se souvient d’elle comme d’une cycliste infatigable, qui sillonnait le Jura faisant liaison entre les divers groupes de résistants, organisant les parachutages, et qui participa à la destruction des usines Peugeot à Montbéliard, privant l’occupant d’une importante source de tourelles de chars.

Le chef du réseau Acrobat, arrêté, elle se réfugie avec le radio John Young à Clervaux vers Lons le Saulnier.

Avertis de l’arrivée d’un nouveau membre du réseau par Londres, ils se feront piéger par un agent substitué par l’ennemi qui avait intercepté la communication.

Transférée à Fresnes, elle y restera cinq mois avant d’être envoyée à Karlsruhe puis au Struthof où elle recevra une injection de phénol avant d’être jetée au four crématoire.

 

Les cinq notes suivantes concernent des femmes qui, bien qu’ayant toutes, en principe, suivi l’entraînement des SOE, n’auront pas été qualifiées de Radio par leurs biographes mais comme « Courrier » car affectées le plus souvent à des réseaux ayant déjà leurs opérateurs radio. On sait aussi que certaines ne suivirent pas l’entraînement radio.

Pourtant quand on sait que plus de 70% des opérateurs  des années 1943/1944, furent arrêtés, il est vraisemblable qu’elles aient aussi servi en tant qu’opératrices radiotélégraphistes. C’est pourquoi vous les trouverez regroupée ici.
La seule pour qui on sait qu’elle ne connaissait pas la pratique radio lors de ses séjours en France, est Lise de Baissac. Nous indiquons sur sa fiche la raison de son évocation ici.

Eliane PLEWMAN « Gaby »

14_-_Eliane_PLEWMAN_redimensionner.jpg (3292 octets)Née à Marseille d’un père britannique et d’une mère espagnole, Eliane Browne-Bartrroli, était le type parfait de la femme multiculturelle avérée. Pour elle passer du Français à l’Anglais ou à l’Espagnol ne posait aucun problème et se faisait sur l’instant.

A la fin de ses études elle travaille d’abord dans une société d’import, puis se fait embaucher à Madrid puis à Lisbonne, par les ambassades britanniques. Au début de la guerre, elle est à Lisbonne. En 1942, elle est mutée à Londres à la section espagnole du ministère de l’information. Elle épouse, un Officier Anglais, Tom Plewman.

 Après un stage au S.O.E. qu’elle a rejoint quelques mois plus tôt, elle est envoyée mi-août 1943,  au réseau Monk, qui occupe la région de Marseille,  Roquebrune, St Raphaël, en tant que courrier. Elle non plus n’a apparemment pas trop pratiqué la radio sur le terrain.

Arrêtée début 1944, après un passage à Fresnes, elle se retrouvera à Dachau où elle sera exécutée le 13 septembre 1944.

Vera LEIGH “ Simone”

15_-_Vera_LEIGH_redimensionner.jpg (3337 octets)Vera Glas naît dans les faubourgs de Leeds, en 1903, et ses parents l’abandonnent. Elle sera recueillie par un entraîneur de chevaux de courses, Eugène Leigh. Celui-ci possède des écuries à Maisons Laffitte, et c’est là que Vera passera sa jeunesse avec son père d’adoption dont elle prendra le nom.
Après avoir essayé de devenir jockey, la couture l’attire et elle monte une maison de haute couture connue place Vendôme à Paris, dans les années 1928/30 sous le nom de Rose Valoie.

A la débâcle elle quitte Paris pour Lyon où elle a ses premiers contacts avec la Résistance.

En 1942, elle suit la filière d’évasion par l’Espagne, est emprisonnée plusieurs mois à Bilbao, puis libérée gagne Gibraltar et  Londres.
Devenue FANY puis S.O.E., elle sera envoyée en France. Elle sera courrier des réseaux Inventor de la Région  parisienne ; elle couvrira cette zone jusqu’aux Ardennes.  Avec son beau frère, rencontré par hasard à Paris, elle participe aussi à des réseaux d’évasion.

Arrêtée le 13 octobre 1943, après Fresnes, elle fera partie du convoi de femmes qui sera transféré à Karlsruhe. Transférée au Struthof plus tard, elle y sera avec Diana Rowden, Andrée Borrel et Sonia Olschanesky, empoisonnées avec une piqûre de phénol puis jetée au crématoire.

Lise de BAISSAC  « Odile » puis « Marguerite » 

16_-_Lise_de_Baissac_redimensionner.jpg (4840 octets)Lise n’est pas radiotélégraphiste, mais nous ne pouvions l’ignorer tant ses liens avec Andrée Borrel furent forts lors de leur formation commune SOE.Originaire de l’Ile Maurice, c’est en famille qu’elle entreprend le long périple qui la mènera de son île à Glasgow Marseille, Lisbonne, Barcelone, Gibraltar seront quelques-unes de ses escales.

Le S.O.E. la refusera en 1941 puis l’acceptera en 1942. L’urgence de la mission qui lui est destinée abrègera sa formation, sera amputée de la radio et des cours de sabotage.

Avec Odette Borrel, elle est parachutée dans la région de Chambord. Odette rejoint le réseau Prosper. Lise reste dans la région de Poitiers et organise les maquis, liaison avec le Scientist animé par son frère, réception de parachutages, transferts  divers. Par contre elle n’a pas d’opérateur radio attitré, ce qui l’oblige à de nombreux déplacements.

Après l’effondrement du réseau Prosper de Paris et devant la masse d’arrestations, Londres lui demande de rentrer, ce qu’elle fait avec son frère, Claude, en août 1943.

Elle reviendra en France en avril 1944, parachutée dans l’Indre.

Elle rejoint sous le nom de « Marguerite », le nouveau réseau Scientist, recréé par son frère en Normandie/Bretagne. Courrier cycliste et organisatrice, elle réceptionne les parachutages d’armes et aussi les agents S.O.E. que Londres envoie en masse en prévision de ce que personne n’imaginait, le débarquement de Normandie.
 
Après la guerre elle épousera un artiste peintre, Gustave Villameur et finira ses jours à Marseille où elle meurt en 2004, âgée de 98 ans.

Madeleine DAMERMENT « Solange »

17_-_Madeleine_Damerment_redimensionner.jpg (2538 octets)Née à Lille en 1917, Madeleine travaille dès le début de la guerre dans une filière d’évasion de l’armée belge, jusqu’à ce que, trahie, cette filière soit démantelée par l’ennemi.

Elle rejoint Londres où après une formation de courrier au SOE,

Elle est arrêtée par la Gestapo dès son arrivée en France, le 29 février 1944 l’opération avait été vendue.

Elle passera par l’avenue Foch, Fresnes, Karlsruhe et Dachau.

Elle sera exécutée à balle, le 12 septembre 1944, avec  Eliane Plewman, Yolande Beekman et Noor Inayat Khan.

Cecily LEFORT, « Alice »

18_-_CECILY_LEFORT_redimensionner.jpg (3112 octets)Ses divers biographes classent Cécily LEFORT, comme courrier.

Ecossaise, fille de pasteur, née à Londres en 1900, elle épouse en 1925, un médecin parisien le Dr Alex LEFORT avec qui elle partage la même passion de la voile. Ils s’installeront bientôt en Bretagne.

En 1940, ils gagnent l’Angleterre, non sans avoir laissé à disposition des résistants bretons, leur maison pour qu’elle serve d’abri aux aviateurs britanniques.

Après l’entraînement classique S.O.E., elle sera déposée en France en juin 1943, destination le réseau Jockey du sud-est de la France.

Elle sera arrêtée en septembre, interrogée par la Gestapo de Lyon avant d’être déportée, via Fresnes, à Ravensbrück. Classée « Politique », après de longues souffrances, elle sera gazée en mars 1945.

 Conclusion temporaire

Comme nous l’avons déjà signalé au début de cet article, il n’était pas question pour nous de réécrire l’histoire, d’autres l’ont fait avant nous avec talent. Ce texte a été écrit à partir de la documentation dont nous dispositions au moment où il a été écrit.

Nous savons que connues ou non, des milliers de femmes se sont engagées aux côtés des hommes pour arriver à libérer le pays de l’oppression et du crime organisé.

 Nous aurons simplement tenté de contribuer à rappeler que quelques-unes d’entre elles mirent héroïquement aussi au  service des alliés, leur connaissance particulière d’un mode de transmission qui nous est cher, la télégraphie.
Elles aussi étaient devenues des spécialistes de l’échange en Morse, des messages en apparence en clair ou en codes séries de 5.
Ce mode de transmission qui  s’avéra si utile pouvait parfois devenir dangereux voire mortel, lorsque la gonio débusquait les émetteurs et leurs opérateurs.

Avoir voulu rendre hommage à ces femmes, n’enlève rien aux autres qui furent tous, ceux à qui nous devons notre liberté d’aujourd’hui,  des Résistants.

Sources Texte et iconographie :

Merci d’excuser le fréquent manque de qualité des photos, souvent issues de photos d’identité d’époque.

Divers sites Internet dont :

http://www.specialforcesroh.com/browse.php?mode=search
http://lescalier.wordpress.com/2009/06/06/special-6-juin-1944-lespionne-qui-ne-pouvait-pas-mentir/
http://home.earthlink.net/~mrstephenson_umsl/noor/index.html
http://salfordonline.com/entertainmentnews_page/15463-a_secret_life:_odette_hallowes_and_the_nazi_pistol.html
http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/SOEplewman.htm
http://www.jproc.ca/rrp/nro_ww2.html
http://furtherglory.wordpress.com/2010/02/08/classification-of-prisoners-at-dachau-concentration-camp/
http://propagandistmag.com/2011/01/14/real-kind-freedom-fighter-noor-inayat-khan
http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:R%C3%A9sistance_fran%C3%A7aise
http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/
http://www.nationalarchives.gov.uk/releases/2003/may12/selectedagents.htm
http://www.cyclismag.com/article.php?sid=769
Wikipédia, versions françaises et anglaises
http://edechambost.ifrance.com/section_f.htm
http://www.mi5.gov.uk/
http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/2WWsoe.htm
http://www.presse-fr.com/20061838/mme-virginia-hall/

Des livres, journaux et revues dont :

Spy Princess: the life of Noor Inayat Khan, de Shrabani Basu (Disponible chez Amazon.uk)
The Independant on Sunday ( 4 janvier 2011)
OSS. La Guerre secrète en France 1942-1945. Les services spéciaux américains, la Résistance et la Gestapo, Fabrizio Calvi , Hachette, 1990
Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Michael Richard Daniell Foot, Tallandier, 2008, Traduction en français par Rachel Bouyssou de SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944,

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